L’ostéopathie, le geste pour soulager les animaux

Il y a encore quelques mois, Mélanie Girard-Tholot était une blouse blanche au CHU de Saint-Etienne. Aujourd’hui, cette ancienne infirmière, en jean et col roulé, va de ferme en écurie pour soigner chevaux, chats et chiens.

Mélanie a quitté les bancs de l’école d’ostéopathie animalière en juillet dernier. Cette trentenaire y a suivi une formation de cinq ans, tout en continuant à pratiquer au CHU de Saint-Etienne où elle était infirmière. « J’ai toujours aimé la compagnie des animaux et j’ai toujours consulté des ostéopathes. C’est une discipline qui me plaisait bien. »

https://s-www.leprogres.fr/images/525A0E40-146D-411C-A70D-B74BD83CA61D/LPR_01/l-osteopathie-le-geste-pour-soulager-les-animaux-1451769215.jpgMélanie Girard-Tholot fait partie de la petite dizaine d’ostéopathes animaliers qui exercent dans la région. Installée à son compte à Montverdun, Mélanie ne compte pas ses kilomètres pour se rendre chez ses patients. À sa clientèle, elle compte des chevaux, d’obstacles, de dressage comme Wenze, des chiens, des chats, et elle aimerait bien ajouter à sa liste des vaches laitières.Mélanie est une vieille connaissance de Wenze. Depuis des mois, la jeune ostéopathe s’occupe de cette jument. Ce jour-là, Wenze n’est pas en grande forme. « Le bilan vétérinaire a montré un problème au ligament de la rotule, s’inquiète Anick Martinez-Fortun, sa propriétaire. Les chevaux sont comme des athlètes, Ils font du sport, se font des bobos, et ont besoin d’être soignés pour être au mieux de leur forme. »

« À l’époque, on passait pour des fous »

Voilà plus de 30 ans que cette enseignante en équitation a fait entrer des ostéopathes dans le box de ses chevaux. Le docteur Giniaux a été le premier à lui mettre le pied à l’étrier pour l’ostéopathie animalière. « Il travaillait dans les écuries de course à Paris. J’habitais alors dans le Nord. C’est comme ça que je l’ai rencontré et que j’ai fait appel à ses services. »

À l’époque, cette médecine appliquée à des équidés a pu en désarçonner certains. « On passait pour des fous. Le docteur Gigniaux m’a aussi soigné. Je n’ai jamais été déçu. Vous savez, avec un cheval, il n’y a pas d’effet placebo, s’il ne boite plus, c’est que la technique employée a été efficace. »

Tous les mois, Mélanie monte voir Wenze aux écuries Margot, à Saint-Cyprien, pour faire un suivi viscéral.

« Je regarde que les fluides circulent bien, que le corps soit en harmonie. » Avec ses mains, qu’elle pose délicatement sur sa robe. « Là, je teste la mobilité de ses cervicales ; là, son foie. » « Tu lui donnes quelque chose en ce moment ? », interroge Mélanie. « Oui, un complément alimentaire pour son confort gastrique », confirme Anick.

À l’entrée du box traîne une boîte de comprimés de Voltarène. « Ça, c’est pour moi, confie Anick, je me suis fait marcher sur les pieds par Wenze, soit 600 kilos. » Mais c’est déjà oublié.

« Continue le traitement avec le complément alimentaire, lui conseille Mélanie. Wenze a été stressée par les examens de santé qu’elle a passés. Les chevaux sont des êtres très sensibles au niveau émotionnel. Ils se dérèglent vite au niveau digestif. » Au début, ces séances d’ostéopathie étaient une épreuve pour la jument. « Elle était un peu violente, se souvient Anick, elle balançait des coups de queue. Mais Mélanie l’a prise en douceur. » Aujourd’hui, la jeune ostéopathe ne rencontre plus d’obstacles. Elle ne murmure pas à ses oreilles mais lui parle doucement. Une heure de petites pressions et palpations plus tard, les blocages se sont évanouis, la consultation est terminée. Deux autres patients attendent Mélanie, un chien et un poney.

Rédactrice : Muriel Catalano / Le Progrès.fr