Jerome Legraverant ancien élève de l'ESAO

Parole d’ancien élève de l’ESAO

ostéopathe pour animaux ?

Oui le métier existe bel et bien !
Rencontre avec Jérôme Legraverant, l’homme qui manipule les chevaux, un ostéo touquettois pour chevaux et chiens au parcours atypique. Il est tombé dedans tout petit. Ça a commencé à un an et demi avec des balades à poney au Touquet. Ado, il séchait les cours pour pouvoir monter des chevaux par tous les temps. Jérôme Legraverant devient alors cavalier professionnel.

Un credo : la passion des chevaux
Il a 17 ans, la passion hippique chevillée au corps, mais, issu d’un milieu ouvrier, il se sent au bout de quelques années limité par la contrainte financière. Entraîner des chevaux sans pouvoir lui-même les mener à la victoire en compétition le frustre : « Bien monter ne suffit pas. Pour pouvoir progresser dans la compétition de haut niveau, il faut aussi de l’argent et du bagout. » Le constat est sans amertume d’autant plus qu’à cette période, il fait des rencontres décisives. Un dresseur belge lui vante les bienfaits de l’ostéopathie sur ses chevaux. L’idée chemine dans son esprit au point qu’il commence un cursus en ostéopathie humaine pour pouvoir se spécialiser.

Puis coup d’arrêt dans son parcours : un grave accident de voiture l’immobilise près d’un an. Le choc n’est pas seulement physique : « Je n’ai pas reçu un coup de fil de mon entourage professionnel, je me suis rendu compte qu’on peut vite vous oublier. » Qu’importe, il remonte en douce alors qu’il ne remarche pas encore parfaitement. La remise en selle est dure mais indispensable pour son mental. Au bout de quatre ans d’ostéopathie humaine, il arrête, insatisfait du cursus qu’il estime « trop léger ». Et décide d’aller au coeur de sa passion, l’ostéopathie animale. Il plie bagage pour l’Ecole européenne d’ostéopathie animale (ESAO) de Brighton où il décroche un master .

Il revient alors au Touquet et s’installe à son compte en 2006.
Commence alors la bataille pour la reconnaissance de son activité. D’abord auprès du milieu vétérinaire où les réactions sont diverses : « Certains estiment que nos compétences sont complémentaires, d’autres, par manque de connaissance de l’ostéopathie ou à cause de mauvaises expériences, sont réticents. » Car l’homme admet que le manque de régulation de l’activité ouvre la porte aux amateurs et charlatans. Mais lorsque l’on fait ses preuves, le bouche à oreille fonctionne vite. L’un raconte comment il a remis sur pattes une jument vouée à la piqûre fatale après une fracture du bassin, l’autre que son chien atteint de displasie de la hanche n’a plus de symptômes handicapants. Conséquence : Jérome Legraverant est constamment sur la route.

Stimulé par les cas difficiles, il est capable de faire un aller-retour en région parisienne pour un cheval qui ne répond pas à ses manipulations pour résoudre définitivement le cas. Un faiseur de miracles ? Absolument pas, rétorque l’homme…

Le risque quand on est ostéopathe, c’est de se prendre pour un dieu. Or il faut rester objectif, s’en tenir à son domaine et savoir se remettre en question.

Plus d’infos : jerome-legraverant-osteopathe-animalier. e-monsite. com
CAROLE GUIRADO-CAILLEAU – La Voix du Nord – Montreuil@lavoixdunord.fr