choe corrias ancienne eleve de l'OSEA fait craquer les chevaux

Chloé Corrias, ostéopathe pour animaux

Chloé Corrias, ostéopathe pour animaux

C’est curieux comme il arrive parfois qu’on suive une voie qui semblait tracée juste pour nous. Chloé Corrias, 26 ans, est ostéopathe pour animaux. C’est quoi ? Une forme de thérapie basée sur des manipulations du squelette, des organes ou des muscles de plus en plus demandée, en complément des soins vétérinaires, du maréchal ferrant et de la dentisterie animale (si si ça existe aussi!)
Les vocations nées dans la plus tendre enfance ont parfois ce je-ne-sais quoi de brillant dans l’exercice, d’authentique dans la volonté, qui mènent à ne faire qu’un avec son travail. Chloé est de ceux-là. Pratiquer l’ostéopathie pour animaux en France, ce n’est pas facile car le métier est encore peu reconnu, comme cela l’était il y a encore une quinzaine d’années pour les ostéopathes pour humains… « Ils se sont battus pour obtenir un statut, mais notre tour viendra, cela commence à changer. » On l’espère pour elle, après 7 années d’études et une parfaite connaissance de l’anatomie animale. Chloé est spécialisée dans les soins aux chevaux, et ce n’est pas du tout un hasard. Elle parle de son métier avec toute la passion qui la nourrit, notamment celle de l’équitation depuis toute petite. « J’ai décidé de faire ce métier lorsqu’à 16 ans j’ai compris que mon cheval aurait besoin d’un ostéopathe toute sa vie. L’avoir observé manipuler l’animal, lire le bien-être qu’il lui procurait… C’est là que j’ai su que ce métier serait ma vie. » Dès lors, il n’y a plus eu de place pour autre chose.

Cure de bien-être pour cheval… et cavalier

La jeune femme n’a pas de cabinet, mais se déplace chez les propriétaires ou dans les clubs équestres. Elle travaille aussi pour une association (de vieux chevaux sauvés de l’abattoir en raison de leur passé de champions) « mais je vois aussi des chats et des chiens  ! » assure-t-elle. On vient la voir pour des problèmes de direction, des traumatismes liés à une chute, des symptômes digestifs (particulièrement graves chez le cheval). C’est la même chose que pour les humains, mais avec tout le travail de relationnel en plus, avec le propriétaire de l’animal.

« Parfois, en observant les cavaliers, je comprends mieux ce qui arrive au cheval! Certains sont trop stressés, ou simplement trop lourds pour leur monture. Les propriétaires ont aussi beaucoup besoin d’être rassurés car ils ne savent pas décoder tous les symptômes inhabituels et ont un peu tendance à paniquer. Un cheval ressent les émotions de l’homme, il est aussi capable de se montrer dominateur. C’est tout aussi dangereux avec le chien mais c’est moins fréquent car c’est un animal domestiqué. » Elle sait les écouter, elle devine leurs souffrances, leurs petits et gros bobos, avec pour seul instrument de travail son propre corps. Sous nos yeux, elle s’arc-boute sur le genou d’une jument boiteuse et tire la patte de l’animal en arrière… jusqu’au craquement libérateur. « Ouïe ! » pensons-nous, « merci » semble lui dire l’animal dans un bâillement (dans ce cas précis, c’est un signe significatif de bien-être chez les chevaux).

Et Robert Redford dans tout ça?
C’est vrai que dans le centre équestre luxembourgeois où Chloé nous reçoit, il ne manque plus que lui. Rivière, collines et prés verdoyants… les animaux sont ici en cure « de Lux ». Son personnage dans « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » était un « chuchoteur », un éthologue, quelqu’un qui étudie le comportement animalier. L’ostéopathie équine est une médecine. Avec la médecine vétérinaire, ces trois méthodes sont dissociables mais complémentaires, et on arrive à de meilleurs résultats si on les combine. Alors, pas question de confondre Chloé avec une sorte de chaman qui imposerait ses mains ou sortirait un pendule ! L’affaire est sérieuse, les effets immédiats et pérennes, et surtout il n’y a pas d’hypothèse à démontrer. « Quand on a un bassin à remettre en mouvement sur un ardennais, ce n’est pas une prière qui va le faire bouger ! » Un jour, Chloé a sauvé une jument en la faisant tousser (elle avait un bouchon gastro-oesophagien causé par du foin), personne ne savait quoi faire…

Quand elle pose ses mains sur le dos des animaux, la jeune femme cherche la chaleur ou le froid, les différences de texture, comment les organes respirent et le mouvement des tissus. A se fondre dans la douleur de l’animal, elle nous semblerait presque vulnérable, tellement fusionnelle… Du haut de ses 26 ans, Chloé Corrias porte déjà en elle une force de caractère quasi… animale. Mais dans ses yeux lavande, on retrouve une jeune femme sensible, heureuse d’avoir attiré notre œil sur son petit bout du monde…

Pour joindre Chloé Corrias : 06 16 81 23 39 ou +352 621 45 86 41

Rédaction de l’article : Aurélie MOHR-BOOB – La semaine.fr Juin 2011
Vidéo : France 3